/

Consultant.e international.e pour une recherche réaliste sur l’introduction d’oxymètres de pouls pour améliorer les diagnostics des enfants de moins de cinq ans

--ALIMA--

Contexte et justification

Malgré les progrès réalisés dans la gestion de la santé infantile dans le monde, en 2017, 5,4 millions d'enfants sont morts avant leur cinquième anniversaire. Les principales causes de décès dans le monde restent la pneumonie (24 %), la diarrhée (15 %) et le paludisme (9 %), la malnutrition étant un facteur sous-jacent important lié à environ la moitié des décès chez les enfants âgés de 1 à 59 mois.

Une mauvaise identification des cas graves au niveau des centres de santé primaire (CSP) et leur non-références aux centres de soins hospitaliers sont des facteurs contribuant à des niveaux élevés de mortalité infantile en Afrique de l'Ouest. Cela signifie que les enfants atteints de maladies graves (paludisme, pneumonie ou d'autres maladies) sont parfois mal diagnostiqués au niveau des CSP dans le contexte ouest-africain, ce qui empêche leur référencement, pourtant nécessaire, vers les hôpitaux et nuit à leur prise en charge efficace.

L’hypoxémie, qui est une diminution de la concentration d’oxygène dans le sang, est une complication potentiellement mortelle de nombreuses maladies graves. Les oxymètres de pouls (OPs) sont des outils qui permettent de mesurer le taux de saturation d’oxygène dans le sang et ainsi de détecter les cas d’hypoxémie. Ils pourraient donc aider à réduire la mortalité infantile permettant de diagnostiquer et de surveiller efficacement les enfants atteints d’hypoxémie. Ces outils sont parfois utilisés efficacement au niveau des hôpitaux en Afrique mais leur intégration au niveau des CSP n'a pas encore été explorée. Le projet AIRE vise à introduire des OPs dans deux districts de quatre pays d’Afrique de l’Ouest : Burkina Faso, Guinée, Mali et Niger, ce qui fait un total de 202 CSP et 8 hôpitaux de district identifiés. Parmi ces 202 centres de santé, 16 seront désignés pour la recherche et concentreront la majeure partie des collectes de données.

 Les objectifs du projet AIRE sont les suivants :

Objectif global

Réduire la mortalité néonatale et infantile

Objectif spécifique 1

Les districts d’intervention sont équipés et utilisent des oxymètres de pouls pendant les consultations pédiatriques en CSP et les communautés sont mieux informées et motivées pour obtenir des soins en temps opportun

Objectif spécifique 2

Les éléments probants du projet sont produits par la mise en œuvre d’une approche de recherche et d’évaluation à plusieurs volets – y compris des méthodes mixtes pour la mise en œuvre et l’évaluation du processus d’introduction des OP aux directives de la PCIME, une analyse d’effets sur les résultats de santé des enfants et une analyse de coût

Objectif spécifique 3

Les pays du projet adoptent et sont prêts à utiliser les OP à grande échelle, et la diffusion des données probantes génère un engagement régional en faveur de l’intégration des OP dans les pays d’Afrique de l’Ouest

Dans le cadre de l’objectif 2 du projet, une recherche à trois volets sera menée pour analyser les processus, les effets et le coût du projet. Le mandat présenté ici s’inscrit dans le cadre de l’évaluation des processus (fidélité, acceptabilité, mise en œuvre) et de l’évaluation par l’approche réaliste du projet. Sous la direction de deux chercheurs du CEPED (Valéry Ridde) et de l’Université de Lille (Sarah Louart) avec le soutien méthodologique d’une consultante internationale, une recherche mixte est amorcée pour mieux comprendre comment le projet AIRE, en introduisant des oxymètres de pouls au niveau des CSP, permet d’améliorer les diagnostics des cas graves et le système de référencement des enfants de moins de cinq ans. Elle vise les quatre pays suivants : Burkina Faso, Guinée, Mali, Niger. Pour chacun de ces pays, un.e chercheur.e national.e et des assistant.e.s de recherche sont recherché.e.s pour récolter des données et mener des études de cas.

Pour soutenir la recherche réaliste, participer à la formation des équipes pays, aux ateliers de réflexion commune et aux analyses des données, un.e consultant.e international.e, expert.e en évaluation réaliste va accompagner l’équipe.

Question de recherche

La question qui guidera la recherche concernant ce mandat est la suivante : comment, dans quels contextes, et selon quels mécanismes l’introduction des oxymètres de pouls au niveau des centres de santé primaire permet d’améliorer le diagnostic des cas graves chez les enfants de moins de cinq ans et d’améliorer le référencement vers un hôpital ?

Objectifs spécifiques de recherche

Pour répondre à la question de recherche, quatre objectifs spécifiques ont été établis :

1.       Évaluer le degré d'acceptabilité de la part des professionnels de santé et des mères d’enfants des oxymètres de pouls introduits par le projet AIRE.

2.       Mesurer la fidélité d’implantation des activités du projet AIRE (si les activités prévues par le projet ont effectivement été mises en œuvre, et aussi souvent et aussi longtemps que prévu initialement).

3.       Étudier comment la mise en œuvre du projet AIRE s’organise, quels sont ses défis et quels sont les facteurs qui l'influencent.

4.       Comprendre comment le projet AIRE fonctionne, pour qui, dans quels contextes spécifiques et pourquoi.

Méthode

Pour répondre à ces questions de recherche, nous mobiliserons des méthodes mixtes et une approche d’évaluation basée sur les théories. Les données seront récoltées à deux moments distincts, avant l’introduction des OPs (janvier 2021) et environ 6 mois après leur introduction (entre juin et août 2021).

L’acceptabilité des oxymètres de pouls sera mesurée au plan quantitatif (par des questionnaires distribués à tous les professionnels de santé dans les 202 CSP du projet) avant (acceptabilité prospective) et après l’introduction des OPs (acceptabilité contemporaine). Elle sera également évaluée au plan qualitatif, par des entretiens semi-directifs réalisés avant l’introduction des OPs auprès des professionnels de santé (environ 16 entretiens par pays) et après l’introduction des OPs auprès des mêmes professionnels de santé (16 par pays environ) et auprès des mères (16 par pays environ) dont les enfants ont été admis à une consultation avec utilisation de l’OP.

Pour mesurer la fidélité de mise en œuvre des activités menées dans le cadre du projet AIRE, une grille de réponse servira à collecter les expériences et avis de tous les professionnels de santé des 16 CSP de recherche ainsi que d’autres personnes travaillant en lien avec les CSP (gestionnaires des dépôts de médicaments, membres des comités de gestion, etc).

Pour comprendre comment le projet AIRE fonctionne, pour qui, dans quels contextes spécifiques et pourquoi, nous mobiliserons une approche réaliste en évaluation de programme afin de mettre en lumière les contextes dans lesquels l’intervention s’inscrit et qui influencent son déroulement et les effets obtenus, les mécanismes déclenchés par l’intervention et les effets qui résultent de l’activation de ces mécanismes. Cette évaluation réaliste sera nourrie par la construction d’une théorie de l’intervention, par de nombreuses observations de terrain qui seront réalisées après l’introduction des OPs, ainsi que par des entretiens approfondis qui seront menés auprès d’environ 20 personnes par site de recherche (4 sites de recherche par pays, environ 80 entretiens par pays) (professionnels de santé, leaders locaux, membres des comités de gestion, agents de santé communautaires, etc) et par des entretiens dans les hôpitaux de district.

Rôle du chercheur national

Le ou la consultant.e est chargé.e d’apporter son expertise technique aux équipes de recherche et travaillera en étroite collaboration avec les chercheurs du CEPED, de l’Université de Lille et des pays. Son rôle inclut les tâches suivantes :

-        Formation des chercheurs pays à l’évaluation réaliste

-        Aide à la construction de la théorie d’intervention

-        Participation aux ateliers de lancement, d’analyses et de mise en commun

-        Soutien à l’analyse des données concernant l’étude réaliste

-        Aide à la construction des configurations contexte-mécanisme-effets (CME) et de la théorie de moyenne portée

Échéancier, activités, livrables

L’étude de cas se déroulera entre janvier 2021 et septembre 2022, avec une collecte de données sur une période d’au moins 2 mois (voir échéancier ci-dessous). Le nombre de jours budgétés pour le ou la consultant.e  est de 50 jours, incluant la participation aux ateliers, au taux de 450 dollars par jour. Nous attendons un engagement et une disponibilité tout au long du projet, c’est-à-dire jusqu’en septembre 2022.

Le ou la consultant.e travaillera en étroite collaboration avec les chercheurs du CEPED et de l’Université de Lille, chargés de la supervision générale de la recherche.

Le travail conduit dans le cadre de ce mandat, les données collectées et les rapports sont la propriété d’ALIMA. Les publications scientifiques qui en découlent seront produites en collaboration avec les chercheurs nationaux, les chercheurs de l’Université de Lille et du CEPED, et d’ALIMA en respectant les normes habituelles de signature scientifique ainsi que la politique de publication du projet.

Activités

PHASE 1 : Préparation

 

 

T4 2020

- Soutien aux chercheurs principaux pour la construction de la démarche d’évaluation réaliste et des outils de collecte de données

- Participation à l’atelier de lancement de la recherche, les équipes-pays concernées et les chercheurs nationaux

- Formation des équipes pays à l’évaluation réaliste

- Soutien aux chercheurs principaux pour la construction de la théorie d’intervention

PHASE 2 : Recherche empirique

 

T4 2020 – T1 2021

-        Aide à la construction de la théorie de moyenne portée initiale

-        Soutien aux chercheurs pays pour la conduite de la collecte et à l’analyse des données sur l’acceptabilité prospective (consultations Skype et éventuelles relectures des analyses)

 

T2 2021

-        Participation à l’atelier de restitution des résultats préliminaires, de préparation à la deuxième phase de collecte, de validation de la théorie d’intervention et de formation à Nvivo, tenu à Dakar

-        Soutien aux chercheurs pays et principaux pour l’analyse des données

 

T3 2021

-        Soutien aux chercheurs pays pour la conduite de la collecte et à l’analyse des données sur l'acceptabilité contemporaine, les processus, la fidélité d’implantation et l’étude réaliste (consultations Skype et éventuelles relectures des analyses)

 

T4 2021

-  Participation à l’atelier de mise en commun et d’analyse inter-pays, tenu à Dakar

-  Soutien technique à l’utilisation de Nvivo pour l’analyse des données

-  Soutien aux chercheurs pays pour l’analyse des données et à la rédaction des rapports d’analyse (consultations Skype et éventuelles relectures des rapports d’analyse)

T1 2022

-  Participation à l’atelier d’analyse transversale et d’interprétation réaliste, tenu à Dakar

PHASE 3 : Restitution

 

T2 2022

-  Soutien aux chercheurs pays et principaux pour la rédaction du rapport final de recherche

-  Soutien aux chercheurs principaux pour à la construction de la théorie de moyenne portée finale et aux configurations contexte-mécanisme-effets

-  Aide à la préparation des présentations de restitution

-  Participation à l’atelier de restitution finale et de recommandations, tenu à Dakar

 

Coût, paiements

Le coût total de ce contrat est calculé à 22.500 USD (50 jours de travail à 450USD/jour). ALIMA financera le transport, les per diem et l’hébergement dans le cadre de la participation à chacun des quatre ateliers. Le paiement sera échelonné sur l’ensemble de la durée du projet, et sera octroyé par tranches de 25%, à l’issue de la participation à chacun des quatre ateliers de recherche après la fourniture d’un rapport d’atelier. 

Critères de sélection 

-        Expertise scientifique concernant l’approche réaliste en évaluation de programme 

-        Expérience préalable d’utilisation de cette approche pour un projet de recherche en Afrique

 

Durée du contrat

Décembre 2020 - septembre 2022

DOCUMENTS A ENVOYER

Pour postuler, veuillez envoyer votre CV et Lettre de Motivation en ligne avant le 30 NOVEMBRE 2020.

Les candidatures sont traitées suivant l’ordre d’arrivée. ALIMA se réserve le droit de fermer l’offre avant le terme initialement indiqué si une candidature est retenue. Seules les candidatures complètes (CV en format PDF + Lettre de Motivation) seront étudiées.

Les candidatures féminines sont fortement encouragées.


[1] La PCIME est la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant. Les OPs seront inclus au guide de la PCIME.